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Proxmox ou VMware : pourquoi nous virtualisons les serveurs des PME avec Proxmox VE
Publié le · Nanaka Business Solutions
Depuis le rachat de VMware par Broadcom, beaucoup de petites entreprises se retrouvent avec une facture de virtualisation qui ne correspond plus à leur taille. Proxmox VE fait le même travail, en logiciel libre, avec les sauvegardes et la haute disponibilité comprises. Voici pourquoi c’est notre choix, et ce qu’il faut savoir avant de basculer.
Ce qui a changé chez VMware
VMware a longtemps été la référence de la virtualisation en entreprise, y compris dans les PME : un ou deux serveurs ESXi, un vCenter, et une licence achetée une fois pour toutes. Depuis le rachat par Broadcom fin 2023, le modèle a changé en profondeur :
- Fin des licences perpétuelles. Tout passe en abonnement, renouvelé chaque année.
- Des offres groupées. Les produits ne se vendent plus à l’unité mais en suites (VMware Cloud Foundation, vSphere Foundation), avec un nombre minimal de cœurs à licencier par processeur, même si votre serveur en a moins.
- Des hausses de tarif importantes rapportées par de nombreux clients et revendeurs au renouvellement, parfois de plusieurs fois le montant précédent.
- Un réseau de partenaires resserré, qui rend l’accès aux licences et au support plus difficile pour les petits comptes, en particulier hors métropole.
Pour une entreprise qui fait tourner cinq à vingt machines virtuelles sur un ou deux serveurs, ce modèle est conçu pour des structures bien plus grandes. C’est le moment de regarder ailleurs.
Proxmox VE en deux mots
Proxmox Virtual Environment est une plateforme de virtualisation libre, éditée par la société autrichienne Proxmox Server Solutions depuis 2008. Elle repose sur Debian et sur KVM, l’hyperviseur intégré au noyau Linux, utilisé par les plus grands fournisseurs de cloud. Elle s’administre entièrement depuis une interface web, sans console à installer, et gère aussi bien des machines virtuelles (Windows, Linux, BSD) que des conteneurs LXC, plus légers, pour les services Linux.
Le code est publié sous licence libre (AGPL v3). Le logiciel est complet sans rien payer ; l’éditeur vend des abonnements de support et l’accès à son dépôt de mises à jour « entreprise », plus conservateur. C’est aussi ce que nous utilisons pour notre propre infrastructure : ce site et nos outils tournent sur Proxmox.
Les avantages concrets pour une PME
Le coût, d’abord
Le logiciel ne coûte rien, et toutes les fonctions sont incluses : cluster, haute disponibilité, migration à chaud, sauvegardes, stockage réparti. Il n’y a ni licence par cœur, ni par machine virtuelle, ni par fonctionnalité. L’abonnement de support, facultatif mais que nous recommandons en production, se compte par processeur et par an, et reste de l’ordre de quelques centaines d’euros hors taxes par serveur selon le niveau choisi. Le budget est connu à l’avance et ne dépend pas d’un changement de politique commerciale.
Pas de verrouillage
Les disques des machines virtuelles sont stockés dans des formats ouverts (qcow2, raw, volumes ZFS ou Ceph). Vous pouvez les copier, les exporter, les restaurer ailleurs. Si demain vous changez de prestataire ou de plateforme, rien ne vous retient. C’est un point que nous jugeons essentiel pour une petite entreprise : rester propriétaire de son informatique.
Tout est compris, y compris les sauvegardes
Chez VMware, la sauvegarde, le stockage réparti et la supervision sont des produits séparés, souvent d’autres éditeurs. Proxmox les intègre :
- Sauvegardes intégrées depuis l’interface, planifiées, avec restauration complète ou fichier par fichier.
- Proxmox Backup Server, un serveur de sauvegarde dédié, incrémental et dédupliqué, chiffré, qui permet de garder des semaines d’historique sur peu d’espace et de copier les sauvegardes hors site.
- Haute disponibilité : avec trois serveurs (ou deux et un petit arbitre), une machine virtuelle redémarre automatiquement sur un autre nœud en cas de panne.
- Stockage : ZFS sur un serveur seul, Ceph entre plusieurs serveurs, sans baie de stockage dédiée.
- Réseau et pare-feu intégrés, au niveau du cluster, du serveur ou de chaque machine.
Du matériel standard, ce qui compte à La Réunion
Proxmox fonctionne sur tout serveur capable de faire tourner Linux : les grandes marques, mais aussi des serveurs reconditionnés ou des machines compactes. Il n’y a pas de liste de compatibilité restrictive qui vous oblige à racheter du matériel récent. Quand les pièces et les serveurs mettent des semaines à arriver sur l’île, pouvoir réutiliser et réparer ce que l’on a est un vrai avantage.

Migrer depuis VMware est prévu
Proxmox VE intègre un assistant d’import qui se connecte directement à un hôte ESXi, liste ses machines virtuelles et les transfère, disques compris. Pour un parc de quelques dizaines de machines, la migration se planifie machine par machine, avec un retour arrière possible tant que l’ancien serveur est conservé. Les cas particuliers (contrôleurs de domaine, bases de données, licences liées au matériel) se préparent avant.
Transparence et communauté
Les mises à jour sont fréquentes et documentées, la feuille de route est publique, le forum de l’éditeur est actif et les réponses viennent souvent de ses propres développeurs. On sait ce que fait le logiciel, et on peut le vérifier.
Ce qu’il faut savoir avant de basculer
Par honnêteté, quelques points que nous expliquons toujours avant un projet :
- Ce n’est pas VMware. Les habitudes changent, les noms aussi. Un administrateur habitué à vSphere a besoin d’un temps d’adaptation, court mais réel.
- Certaines fonctions très avancées n’ont pas d’équivalent exact, notamment la répartition automatique de charge entre serveurs telle que la propose VMware, ou des intégrations spécifiques à de gros éditeurs. Pour une PME, cela ne manque presque jamais.
- Quelques logiciels métier ne « certifient » que VMware. Ils fonctionnent en général parfaitement sous KVM, mais il faut vérifier la position de l’éditeur sur le support avant de migrer.
- Le dépôt de mises à jour « entreprise » demande un abonnement. Le dépôt gratuit est tout à fait utilisable, mais en production nous préférons l’abonnement, pour la stabilité et pour pouvoir ouvrir un ticket chez l’éditeur.
- La haute disponibilité demande trois nœuds, ou deux serveurs et un petit équipement d’arbitrage. Avec un seul serveur, on vise des sauvegardes rapides et une restauration testée, pas de la haute disponibilité.
Comment nous faisons chez Nanaka
Nous commençons par un état des lieux de votre existant : serveurs, machines virtuelles, stockage, sauvegardes actuelles, contrats VMware et leur échéance. Nous proposons ensuite une cible adaptée à votre taille : un serveur avec ZFS et un serveur de sauvegarde, ou un cluster de trois nœuds avec Ceph pour ceux qui ne peuvent pas s’arrêter. Nous migrons les machines par lots, en dehors des heures d’ouverture, nous mettons en place Proxmox Backup Server avec une copie hors site, nous supervisons l’ensemble, et nous souscrivons l’abonnement de support auprès de l’éditeur pour chaque serveur en production.

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